Un week-end très instructif dans la vallée de la Chevreuse

juin 13th, 2010 by Bruno | 9

Sans attentes particulières, car non prévue dans ma saison au départ, je me suis inscris au Trail des lavoirs dans le but principal de faire des kilomètres afin de rattraper des dernières semaines sans longues sorties. C’était une bonne idée car j’ai appris beaucoup de choses sur cette course.

Plutôt que de vous faire un compte rendu «traditionnel» qui n’apportera pas grand chose vu que ma course était assez simple (départ pas trop vite et quasi-maintien de l’allure jusqu’à l’arrivée avec 2 ou 3 passages difficiles), je vais essayer de vous faire partager ce qui m’est passé par la tête ce dimanche.

1. Il faut toujours écouter sa femme !
En raison de quelques difficultés professionnelles, j’ai depuis deux semaines une perte de motivation et une sensation de fatigue générale. La question s’est posée plusieurs fois de déclarer forfait pour cette course. Elle s’est posée violemment à 4h ce matin. Une fois le réveil éteint, je me suis projeté dans la course et aucune cellule de mon corps ne s’imaginait terminer les 67km et 1600m d+. Je me suis donc recouché !
Heureusement, ma femme, réveillée aussi, m’a éjectée du lit en me disant que j’allais le regretter et surtout que j’allais être de mauvais humeur toute la journée ! Soit, une fois de plus elle a vu juste. 30mn plus tard je marche dans les rue de paris vers la station Chatelet en croisant un nombre invraisemblable de fêtards rentrant chez eux.

2. La fatigue mentale n’est pas forcément synonyme de fatigue physique.
Malgré cette sensation de fatigue lancinante, je n’ai pas senti que mon corps était moins apte à courir longtemps (hormis pour les pieds mais on y reviendra). C’est une chose difficile mais il faut faire la part entre la vrai fatigue du corps et les conflits psychologiques qui vous donne l’impression d’être sans forces. Je n’ai pas de méthode pour y arriver mais ce sera un sérieux point de réflexion pour les mois qui viennent.

3. Courir pieds nus ou en chaussure minimaliste transforme vos pied en premier indicateur de fatigue.
Un des avantages de la course minimaliste est que vos pieds vont se plaindre avant que vous atteignez le stade de la blessure. Ceux-ci travaillent beaucoup plus que dans les chaussures, et si la surcharge de travail est trop grande, ils vous le font sentir. Si vous anesthésiez vos pieds avec un bonne couche d’air ou de caoutchouc, ils perdent ce rôle d’indicateur. Il est alors souvent trop tard pour vous apercevoir que vous avez dépassé vos limites. Le tendinite ou la périostite est déjà là.
Je suis allé trop vite dans le « barefoot-ing » et « vff-ing » ces derniers temps. J’avais bien ressenti une fatigue dans mes pieds, mais celle-ci s’est transformée en véritable douleur à partir du 30ième kilomètre. Je pensais abandonné quand au 45ième Km la douleur s’est estompée me laissant repartir.
Je vais me donc me calmer un peu sur la course minimaliste, le temps que les cellules se reforment, et surtout pour ne pas risquer la même histoire sur l’Ardenne Mégatrail dans 3 semaines.

4. Le travail à fréquence cardiaque élevée permet de courir doucement plus longtemps.
70% de mes entrainements se font à 80-90% de fcm sur des sorties de 12km, 200mD+, 4’45/km en accélérant dans les cotes (surtout les escaliers de la base nautique de Cergy pour ceux qui connaissent). Aujourd’hui, j’ai réalisé tout le parcours entre 5′ et 6′ (6h35) sans jamais me mettre dans le rouge ni ressentir de grosse fatigue musculaire (hormis les pieds !!!).
Je ne dits pas que cette expérience est valable pour tous mais il me semble que les 2 moteurs pour pour progresser dans l’ultra sont l’augmentation du kilométrage hebdomadaire (avec au moins un sortie longue) et le travail à haute intensité (longtemps et pas uniquement du fractionné).

5. Courir avec des problèmes de transit intestinal c’est pas cool….
Une fois avant le départ, deux fois pendant la course et une dernière juste après l’arrivée, je bats mon record d’arrêts techniques. Pas grand chose à en tirer sinon de ne pas aller manger la plâtrée de pâte dans un nouveau restaurant la veille de la course. Rien ne vaut, les pâtes complètes faites maison de toutes façons.
Sinon je vais peut être me procurer le bouquin ci-dessous….

Commentaires

Crédit Photo Missuk

9 Comments on “Un week-end très instructif dans la vallée de la Chevreuse”


  1. Tommies said:

    Bonjour,

    juste pour curiosité. Tu habites Paris et tu viens courir à Cergy ?

    (Je suis curieux, je sais, je sais)


  2. Bipedy said:

    Je travail au Parc Saint Christophe à Cergy.
    Par contre notre boite déménage en juillet à Boulogne :-( :-(
    J’adorais les chemins de Vauréal et de la base nautique pour mes entrainements du midi.


  3. Cedric said:

    Avec quelles chaussures avez vous fait cette sortie ?

    Bravo en tout cas pour cette sortie, madame a visiblement bien eu raison de vous pousser en dehors du lit ;-)


  4. Bipedy said:

    Bonjour Cédric,
    Avec les CrossLite de La Sportiva. Toujours aussi efficace, pour le trail.


  5. Olivier said:

    Bonjour,
    Tu décris un peu ton entrainement, d’où mes questions : si 70% des sorties se font entre 80 et 90% qu’en est-il des 30% restant ? Fais-tu du fractionné en plus ? (ce qui va faire beaucoup, je pense). Les 30%, se sont les sorties longues ?


  6. Bipedy said:

    Bonjour Olivier,

    Non je ne fais pas de fractionné «pur», il m’arrive de remplacer une séance de 10-12km par une série (entre 8 et 10 fois) d’escaliers (toujours ceux de la base nautiques de cergy (+70m environs). Sinon je fais des séances à faible allure avec mes collègues la semaine et bien sur les sorties longues du week end entre 18km et 35km en général rarement plus, rarement moins.
    En fait je ne sais jamais ce que je vais faire avant de chausser mes chaussures, ça dépend de mon humeur, de l’environnement, du temps disponible et de ce que je considère être nécessaire ou non pour mes objectifs. Par exemple pour l’Ardenne Méga Trail en Juillet où les 4000m d+ ne sont que des cotes de 100 à 200mD+, j’intègre plus d’escaliers à la fin de mes séances et je rajoute des petites cotes sur mon parcours habituel. J’essaie de progresser tout en prenant du plaisir. Pas toujours facile mais jusqu’à présent ça marche plutôt bien.


  7. Olivier said:

    Donc, pas de séances pures de développement de la VMA ou de soutient, au train. Tu as malgré tout un bon moteur (si je ne trompe pas, tu as fais moins de 3H sur marathon dernièrement). Comme quoi, à chacun de trouver ce qui convient le mieux à son mental et à ses qualités physiques.


  8. Bipedy said:

    J’ai la chance d’avoir fait beaucoup de piste (400m h) entre 13 et 20 ans, ce qui m’a permis de «forger» un bon moteur. Maintenant lorsque je réalise une sortie de 12km avec du dénivelé en 4’20 4’30 cela peut s’apparenter à une bonne séance de seuil. Simplement je ne découpe pas l’effort.
    En effet, je crois que chacun doit trouver ses forces et ses faiblesses pour construire son «style» d’entrainement, tout en intégrant la dimension plaisir. C’est pourquoi je ne crois pas à l’efficacité des plans d’entrainement.


  9. Runonline said:

    hello l’ami ! ton point point « 4″ m’interresse particulièrement car je pense que c’est une voie à essayer pour voir si elle convient. Comme tu le sais, je reviens du Verdon et le 30 km a été particulièrement difficile pour moi malgré un plan que je pensais équilibré. J’ai augmenté sur tes conseils les sorties longues (autour de 20 à 25 km) mais le travail au seuil et les séances de côtes longues ont été visiblement insuffisantes car j’ai rapidement été en difficulté.
    Pour ce qui est de la période un peu délicate au boulot, je ne peux que te comprendre…bon courage et bravo pour y être finalement allé : jamais de regrets, c’est ça qui compte !

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