Slow Burn de Stu Mittleman (1/3)

fév 16th, 2010 by Bruno | 0

Stu Mittleman, détenteur du record américain sur 6 jours avec 577,75 miles (924km) est l’auteur de Slow Burn où il expose sa vision de l’entrainement pour l’ultra-fond. Bien que je ne rejoigne pas l’auteur sur tous les points, ce livre m’a apporté quelques éléments importants dans ma pratique de la course à pied et notamment l’importance du travail à faible allure.

Comme il n’est pas traduit en Français, je vais publier un résumé en 3 parties reprenant les 3 grands chapitres du livre : Penser, s’Entrainer et se Nourrir (Think, Train, Eat).

Nous commençons donc aujourd’hui par la préparation mentale. Cette première partie du livre reprend les grands thèmes du développement personnel outre-atlantique pour les appliquer à la course à pied. En effet, Mittlememan est très proche d’Anthony Robbins un (controversé ?) gourou américain du développement personnel.

1. Détruisez les barrières psychologiques

Première étape, se dire que c’est possible, que ce soit courir 10k, un semi un marathon un 100K ou l’UTMB, tous est possible pour tout le monde. Ce petit conseil peut paraître évident et simpliste, mais si je reviens sur mes débuts en Ultra, je n’étais même pas sûr de pouvoir tenir 42km sans souffrir et terminer un 75km me paraissait inaccessible. J’ai bien failli ne pas terminer ces courses tout simplement car j’ai bien failli ne pas m’y inscrire. Alors oui, avant de se lancer dans les longues distances faisons un point sur ce qui nous fait rêver indépendamment de ce qui nous parait possible ou pas.

2. Faire de son corps son allié

La communication avec son propre corps est très important. C’est votre volonté qui dirige, mais c’est votre corps qui vous amènera là où vous voulez, et mieux vaut le traiter en allié car sinon il risque de vous laisser tomber avant d’avoir atteint votre but. Mittleman souligne ici un aspect essentiel de l’ultra fond, il est impossible de durer dans la discipline si vous n’êtes pas attentif à vos besoins physiologiques.

3. Soyez le maître de votre propre destin

Il existe des milliers d’experts sur la course à pied qui vous diront de faire ceci ou cela, de vous entrainer suivant tel plan ou encore d’éviter telle ou telle nourriture. Mais le seul expert de ce que votre corps à besoin c’est vous. C’est à vous de trouver les solutions qui vous réussissent tant sur le plan de la santé que des performances. Cela ne veut pas dire qu’il faut se fermer à tous les conseils, mais que ceux ci doivent passer par un phase de test puis de «validation interne».

4. Vivez l’instant présent, le futur prendra soin de lui même

Lorsque nous nous concentrons sur nos objectifs, comme finir une course, nous rendons le moment présent moins important que l’idée du moment futur. En nous projetant dans le futur, nous perdons beaucoup d’énergie et de concentration sur l’action en cours.
Mittleman donne plusieurs conseils pour nous aider à revenir dans le présent pendant la course : 
-Se concentrer sur sa respiration
-Se concentrer sur sa foulée et son équilibre
-Contempler l’environnement autour de nous
-Faire un inventaire mentale de son corps, afin de repérer les zones de tensions

5. Recentrez vous sur les processus plus que sur les objectifs

On dit souvent que le bonheur n’est pas le but mais le chemin qui y mène. C’est la même chose pour la course à pied. Vos succès ne doivent pas se mesurer en fonction de vos résultats, mais au plaisir que vous avez de courir, que ce soit 5km autour de chez vous ou à l’arrivée de l’Ultra Trail du Mont Blanc. C’est la seule façon de durer psychologiquement dans le monde de l’ultra. Sinon, vous chercherez à assouvir de courses en courses un désir jamais satisfait et qui risque d’apporter de nombreuses frustrations en cas d’échec ou de diminution physique.

6. Allez de l’avant par petites étapes accessibles

Un des secret pour aller au bout des courses de très longues distances est de découper la tâche en de nombreuses petites tâches accessibles. L’idée est de ne pas se dire qu’il reste 55km avant l’arrivée mais la distance jusqu’au prochain ravito, puis jusqu’au prochain croisement, puis jusqu’au prochain arbre et ainsi de suite. C’est par l’accumulation de petites victoires que l’on peut espérer gagner la guerre. L’auteur prend comme exemple sa première expérience sur un 6 jours. Avec les conseils d’un coach qui le regardait évoluer, il a mis en place un modèle (patern) de course alternant course et repos. Ainsi son objectif n’était plus de finir les 6 jours de courses mais d’aller au bout de son segment course repos, puis un de l’autre segment et ainsi de suite jusqu’à la distance de 488 miles (780km).

7. Ayez le courage de coller à votre stratégie

Dans ce chapitre l’auteur se base sur son récit de course des 6 jours de La Rochelle en 1984, pour montrer à quel point il est important de définir une stratégie sur le long terme et de s’y tenir indépendamment des évènements, même s’il admet qu’il faut rester flexible et parfois se remettre en question.

8. Agissez comme si tout ce qui vous arrive ‘est pour votre bien

Quand les choses ne vont pas comme vous voudrez, ce n’est pas forcément synonyme d’échec. C’est peut être le moment d’apprendre et d’évoluer différemment pour progresser encore plus. Dans la pratique de l’ultra, il faut intégrer l’abandon comme une étape de progression et non comme un échec personnel.

9. Suivez la régle des 85%

Mittleman définie la règle des 85% comme l’objectif minimum à respecter dans son plan d’entrainement. Pour l’auteur vouloir à tous prix réaliser 100% de ses objectifs peut avoir de graves conséquences dans nos relations sociales. Il faut parfois renoncer à une partie de notre passion pour ne pas perdre les relations que nous avons avec notre familles, nos amis ou nos collègues.
En effet, courir est une activité qui occupe une place centrale dans ma vie, mais ça ne veut pas dire que je sacrifie mes autre activités sociales à cette pratique. Il y a presque toujours moyen de s’organiser pour trouver le temps d’aller courir (comme supprimer les heures de télévisions par exemple), et puis quand vraiment ce n’est pas possible, acceptons le et profitons pleinement de l’activité qui nous empêche de courir.

Prochaine partie : l’entrainement pour les longues distances

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Crédit Photo : Lain Tait

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