Endurance Ultra Trail ou comment bien terminer une saison d’Ultra

Dans ma longue progression de coureur de grand fond, je m’étais donné comme point de repère cette année de terminer un trail de plus de 100km. Après l’arrêt sur le challenge Héro et l’annulation de la TDS 2010, j’avais le droit à une dernière chance pour passer ce cap avec l’Endurance Ultra Trail dans le cadre du festival des templiers.
Malgré une fin de préparation difficile (grosse angine et 10km au compteur pour les 3 dernières semaines) et les grèves dans les transports qui m’ont un temps fait douter de ma participation à cette course, j’ai vécu trois jours de trail formidables.
Dans un premier temps, j’ai pu apprécier l’efficacité du forum d’Ultrafondus pour trouver des solutions logistiques, Killian m’a proposé un covoiturage et dans un même temps je proposais le deuxième lit de ma chambre d’hôtel à Olivier. Ou comment rendre l’utile à l’agréable car j’ai partagé de bons moments avec ces trailers que je ne connaissais pas.
Le temps était tout simplement Idéal. Froid mais pas trop avec un grand soleil et presque pas de vent. J’ai une petite pensée aux concurrents des templiers qui s’élancent en ce moment même sous la pluie.
Le départ est donné à 4h du matin. Les 23 premiers kilomètres sont assez faciles avec une premières montées sur le plateau suivie de chemins très roulants. J’essaie de contrôler mon allure mais les pulsations restent au dessus de 160 pour le plat et 170 dans les montées. Je ne m’alarme pas trop en me disant que ce doit être l’effet du peu d’entraînements de ces dernières semaines (plus je cours plus mon coeur bat lentement). J’arrive en 2h38 et passe rapidement au ravito, juste le temps de prendre un peu de fromage et un café. Les 15km suivants marquent l’entrée dans les causses avec le Tarn en contre bas. Le soleil se lève dans les gorges c’est vraiment magnifique. J’en profite pour prendre quelques photos.

J’ai un bon rythme, et je suis un petit groupe de plusieurs coureurs. Je les suis tellement bien que je ne m’aperçois pas que nous quittons le chemin balisé. Heureusement pas pour longtemps et tout le monde est de retour sur le chemin après 200m de petit jardinage. Je me nourris un peu plus au deuxième ravito (kilomètre 37). Après une grosse descente et une grosse montée nous courons sur l’autre versant de cette magnifique causse. Le chemin est de plus en plus technique, je trébuche plusieurs fois, dont une belle chute qui me fera perdre un bidon (je m’en apercevrai que bien plus tard). Je me suis aussi cogné fortement le genou sur une racine. Alors que ma tendinite de la pate d’oie commençait à se réveiller, ce choc, après une douleur aiguë, va la faire taire pendant de nombreuses heures. Comment soigner le mal par le mal !!!
La distance entre le 2ième et le 3ième ravito où j’ai prévu de faire un gros repas est annoncée à 27km elle sera en fait de 33km. Alors que je suis encore bien au kilomètre 50, je rentre peu de temps après dans une grosse période à vide. Plus j’avance et plus j’ai l’impression que le ravito s’éloigne, une dernière montée très abrupte entre Les Douzes et Veyrelau finit de m’épuiser. Je mets 6h pour faire ces 33 ou 35km (suivant les gps des coureurs car les chiffres de l’organisation sont faux). Par contre je ne vais pas recommencer l’erreur de l’UTMB tronqué où j’étais resté trop peu de temps au ravito. Je vais rester 25mn en prenant le temps de bien manger (soupe, pain, fromage). Une fois reparti un peu avant la 11ième heure de course le «miracle» se produit, mes jambes sont revenues et la motivation est à l’image du temps : beau fixe. Le parcours sur cette portion est plutôt plat avec des sentiers peux techniques, je me fait plaisir et avance à bonne allure avec un coeur qui ne dépassent plus les 150, c’est parfait. Je serais tout de même obligé de stopper 5mn pour soigner une grosse ampoule qui a eu la bonne idée d’éclater trente mètre avant un point secour !
Je passe plutôt rapidement le ravito autour du km 80 (84 selon le gps d’un coureur), et repars pour les dernières difficultés du parcours deux montées de 300d+ environs. En haut de la deuxième côte, des bénévoles nous annoncent 4km de plat pour le prochain ravito. Je sais qu’il ne faut pas s’y fier mais j’y crois tout de même, c’est en fait 8km bien vallonnés qu’il faudra compter, ce sera moralement la période la plus difficile de la deuxième partie du trail. La nuit est revenue, il n’est plus possible de profiter du paysage toujours aussi magnifique. Mais je sais maintenant que je vais terminer donc ça va.
Je ressens une grosse fatigue en arrivant au dernier ravito (km98 sur le plan, Km95 sur le paneau, Km104 sur le gps de mon voisin !!). Il est 21h je me donne comme objectif de rentrer avant minuit. Finalement la distance avant l’arrivée sera plus courte que prévue et après quelques kilomètres de chemins on appercoit les lumières de Millau et le viaduc un peu plus loin. La fatigue s’efface et je négocie bien la dernière descente très très technique. J’avale comme un fou les 2 derniers kilomètres de route surement en moins 10mn tellement je suis heureux d’en terminer.
Je passe la ligne après 18h24mn de course, heureux d’avoir terminer pour la première fois un trail de plus de 100km. C’est une étape importante dans ma progression car je sais maintenant que la porte est ouverte vers les 100miles.
Lexel said:
Bravo et « respect » quand je vois comme j’en ai bavé pour 40 malheureux petits kilomètres, je suis admiratif de toi qui en a fait plus de 100 sur le même terrain.
On arrive même a sentir dans ton récit l’envie, et le plaisir que tu as eu as courir ce trail.
Bipedy said:
Salut Lexel,
J’espère que toi aussi tu as pris beaucoup de plaisir, le parcours était vraiment magnifique, dommage je n’ai pas été assez vite pour voir les 20 dernier kilomètres de jour
.
Je vois que sur ton planning tu prévois les templiers en 2011 donc j’en déduis finisher de l’EUT en 2012 !
Runonline said:
Je confirme ! respect pour ta très jolie perf’
Moi aussi, j’ai mordu la poussière sur le marathon et le plaisir a parfois été dur à trouver mais j’ai beaucoup appris une fois de plus : je me dis donc que je continue de progresser et d’apprendre.
Bravo !
bigrunner said:
Toutes mes félicitations : le 100 km est déjà une sacrée performance, alors le 100 miles …
Ultra Way Of Life » Trail de l’Ours et fin de ma préparation pour l’Endurance Ultra Trail said:
[...] d’entrainement et sortir une belle performance sur l’ultra des Templiers. C’est un parcours que je connais et qui me correspond bien avec une alternance de cotes et de longues parties roulantes tout en [...]
Ultra Way Of Life » Une fin de saison logique said:
[...] réponse à mon post d’il y a un an intitulé, comment bien finir sa saison, j’étais tenté de commencer par un «Comment mal finir sa saison». Et puis une fois que la [...]