Courir est-il naturel ?

Sur la page de présentation des produits Kalenji chez Décathlon il est possible de lire cette petite phrase de Nicolas Pelletier le directeur de la marque:
« La course à pied est le sport le plus inné chez l’Homme. Vous l’avez pratiqué depuis votre enfance avec plaisir et complicité avec vos amis, on n’apprend pas à courir, courir relève de l’instinct. Pourtant, la course à pied est souvent perçue comme une expérience intense, souvent violente à la fois pour le corps et l’esprit. »
Pourquoi donc une telle perception pour une activité si naturelle lors de notre jeunesse ? Il n’y a qu’à regarder les jeunes enfants dans les cours d’écoles pour voir avec quel plaisir ils gambadent dans tous les sens.
Surement pour beaucoup d’entre nous la course à pied est liée aux pires moments des heures de sport du collège où ce vieux prof aigris nous faisait tourner sans relâche sur les 400m de la piste d’athlétisme sous une pluie torrentielle et lui à l’abri dans les gradins ! Mais par delà, l’aspect psychologique, je pense qu’il existe une raison physiologique qui nous fait expérimenter la course à pied comme une activité violente pour le corps : Nous désapprenons à courir.
De part notre mode de vie de plus en plus sédentaire, mais aussi par les mauvaises habitudes corporelles que notre corps imprime dans sa mémoire (pour cette raison le mal de dos est devenue un maladie chronique de nos sociétés modernes), nous ne sommes plus capable de courir avec la même fluidité que lorsque nous étions enfant. Notre corps n’adopte plus naturellement les positions et les mouvements innés. Courir devient donc une activité violente car elle réveille des muscles non utilisés, elle stresse les tendons et les articulations et surtout elle demande au cœur un effort qu’il n’est plus habituer à produire.
Sommes-nous condamnés à se sédentariser encore plus ? à réduire notre mobilité naturelle aux quelques kilomètres de marches nécessaires à notre vie de tous les jours ? à regarder l’époque où l’homme, né pour courir, pouvait se déplacer sur des dizaines de kilomètres dans la journée comme une simple anecdote préhistorique ?
Heureusement non, car cette situation est complètement réversible et vous pouvez, avec un peu de pratique régulière et d’attention, retrouver les mouvements fluides qui vont vous permettre de courir économiquement, sans douleurs et sans blessures et surtout de prendre énormément de plaisir dans ce sport.
Je vais aborder dans les prochains articles les différentes techniques (Chi running, Pose tech et Evolution Running principalement) qui vous amèneront à pouvoir courir en harmonie avec votre corps sur de longues distances.
Avant toutes choses, il est important de noter qu’il n’y a pas une recette magique, chacun ayant développé des habitudes corporelles différentes, le chemin vers plus de fluidité est unique. Mon but est donc de vous apporter quelques pistes de départ afin que chacun trouve le mouvement qui lui convient le mieux.
Il est donc très important d’être à l’écoute de son corps, de sentir les effets d’un changement de foulé ou de placement du dos peut générer afin de trouver sa position idéale. En effet, plus vous écoutez les réactions de votre organisme et plus vous allez prendre des décisions bénéfiques sur le long terme et (re)développer le lien entre la psyché et le corps.
Courir est naturel pour l’homme, notre corps est bien construit pour parcourir de longues distances sur ses deux jambes, mais pour cela il faut d’abord lui faire confiance, oublier nos idées reçus et nos aprioris, vaincre les limites psychologiques que nous nous donnons et se laisser porter sur les chemins…
Photos (J. Weissmahr)
Ps. Au passage, amusons nous du choix par Décathlon du nom Kalenji en référence à un peuple kenyan qui possède une grande culture de la course à pied, certes, mais de la course à pied minimaliste, c’est à dire sans chaussures et sans équipements…