Barefoot nature et Mini Battle VFF/EVO
Afin de structurer un peu mes billets sur mon expérience dans la course minimaliste, je vais désormais publier une fois par semaine un point sur ma progression dans ce domaine. En espérant que mon expérience bonne ou mauvaise vous apportera un regard différent sur la course à pied. Commençons de suite avec le week-end dernier où je me suis fait rappeler à l’ordre par dame nature (et accessoirement aussi par une coureuse en pégasus), puis nous enchainerons par un mini battle test VFF vs EVO.
1. Trail et «bareffootisme» (ne pas confondre avec le j’m'enfootisme !)
Ce dimanche, je profite donc d’un magnifique soleil pour partir avec mon ami Guillaume sur les chemins du parc St Cloud et la forêt des fausses reposes avec un objectif en tête : réaliser ma première sortie barefoot trail et surtout l’envie de gouter aux sensations des chemins de forêts. Les premiers kilomètres dans le parc se font sans accrocs et le rythme est bon. Mais dès qu’on approche de Marne la Coquette les chemins sont plus difficiles et le gravier du parc cède la place à de gros cailloux que je n’arrive pas toujours à éviter.
Je découvre alors une zone extra sensible du pied : Celle située sous l’arche qui normalement ne touche jamais le sol (sauf pour les pieds plats). Après deux ou trois coups sur cette zone, je dois reconnaître qu’il faut abandonner, car la zone devient très douloureuse avec un bleue qui prend forme. Nous décidons de revenir par les chemins herbeux du parc beaucoup plus accueillants. 7km au final pour un objectif de 15km c’est peu mais j’ai beaucoup appris :
-Naviguer pieds nus à travers les cailloux n’est pas une démarche naturelle et demande surement un long apprentissage. Il faut recréer des automatismes et surtout faire en sorte que le pied soit le plus souple possible pour s’adapter au relief quel qu’il soit. Pas facile, car on a plutôt tendance à se contracter face aux «piqures» du sols.
-Les chemins moyens ou difficiles sont beaucoup plus fatiguants pour le pied nu que la route. Ce dernier contracte tous ses muscles et tendons dont beaucoup n’ont pas l’habitude d’être sollicités (ceux pour la torsion par exemple). J’ai ressenti toute la journée un fatigue des pieds comme si j’étais resté debout pendant 10h.
Pour l’anecdote, je me suis fait rattraper par une coureuse que je venais de dépasser pieds nus, qui m’a appelé. Elle m’a dit, d’un air un peu paniqué, qu’il ne fallait surtout pas courir pieds nus, que c’était extrêmement mauvais pour mes genoux et mes pieds, j’allais me blesser c’est sur. Avant que j’ai eu le temps d’avancer un début d’explication, elle m’a traité de fou, et elle est repartie en courant. Je préfère avoir l’occasion de débattre mais au moins ça fait plaisir de voir que la pratique du «barefootisme» ne laisse pas les gens indifférents.
Bref le chemin vers le barefoot 100% nature est long mais il me passionne de plus en plus.
2. Mini Battle VFF vs EVO :
Samedi, mon ami Guillaume (qui a la même pointure que moi) a eu la bonne idée de s’acheter un paire de Vibram Five Fingers KSO. Pas une pas deux ce lundi elles sont dans mon sac pour un petit test autour du paté de maison. Inspiré par les articles de Fredboss et de Runonline. Je décide de procéder en 2 temps : 2 km avec les VFF et 2 km avec un pied EVO et un pied VFF.
-Premières sensation VFF : très bonnes, je suis assez surpris, car courant déjà pied nu et en EVO, je n’avais pas beaucoup d’attentes. Mais il faut avouer que les sensations sont bonnes tout de suite. On se sent pousser des ailes (je ne sais pas si c’est mon état de forme qui joue plus que les vff mais je boucle le tour en 4’20 » de moyenne pour une fc à moins de 150 ce qui est très bas pour moi à cette allure.
La révolution de ces chaussures, c’est de redonner au cerveau la sensation du contour du pied, et pour l’avoir expérimenté en barefoot, je pense que c’est très important. Le pied se sent plus libre. La semelle étant assez épaisse sans pour autant cacher les reliefs du sol, il n’y a pas à se soucier de savoir sur quoi l’on va courir (quoiqu’en chemin difficile ce doit être un peu différent). Le revers de la médaille, c’est que la peau ne peut renvoyer les informations sur la nature du sol, ce que j’apprécie énormément dans mes courses pieds nus. Dernier point, on retrouve de la mobilité dans les orteils. Pas autant que pieds nus, mais beaucoup plus qu’avec une chaussure «classique».
- The Battle : J’enfile donc une chaussure EVO sur le pied gauche et c’est parti. Bon, la foulée n’est pas régulière voir un peu bancale, mais ce qui surprend tout de suite c’est la perception des pieds. L’EVO, bien qu’extra fine reste une chaussure donc l’appuie est constituée de deux parties : la pose de la zone d’attaque où la chaussure se plie et la pose du talon. Pour le cerveau c’est la chaussure qui bouge, le pied n’est que le pilote, alors que pour le pied droit en vff, c’est le pied lui-même qui vient au contact du sol. Le mouvement me parait plus libre et plus directeur. Cette sensation me conforte dans l’idée que je me fais des ÉVO : ce sont des chaussures extra fines et légères mais ça reste des chaussures. Avec les vff on est dans le monde de l’hybride c’est pas de la course pieds nus mais c’est autre chose que de la course en chaussure.
Conclusion 1
ÉVO est la plus évoluée des chaussures minimalistes
VFF est le moins évolué des instruments de courses pieds nus
Conclusion 2 :
Si vous combinez la conclusion de la première partie avec celle de la deuxième partie de ce post, vous ne vous étonerez pas que je vais essayer de me procurer des KSO treck au plus vite !!!!!
Vincent said:
Bonjour,
Ca me fait très plaisir de te voir partager cette expérience en trail pieds nus. Je suis plutôt traileur (de milieu de peloton) moi aussi et, depuis peu, coureur pieds nus et VFF (Trek). Je me considére encore en pleine transition et mon expérience est finalement assez limitée (à ce jour 90 km pieds nus et 200 km en VFF).
La course pieds nus sur sentier est pour moi un vrai plaisir, mais les passages sur graviers et caillasse restent problématiques. Nos amis paysans vont jusqu’à refaire les chemins à la tuile pilée ! Les graviers sont douloureux mais ne causent pas vraiment de dommages apparents au pied. Par contre, les cailloux de bonne taille peuvent être source de coupures. En zone caillouteuse, avec caillasse, ou terrain très irrégulier (ornières par exemple), je déborde d’attention et, sutout, je fais de très petit pas en pliant beaucoup les genoux. Ca permet d’amortir au mieux chaque foulée, et les changements de direction rapides sont facilités. Lors de sorties pieds nus, j’emmène les treks à la ceinture au cas où, ainsi que du matériel de première urgence pour les coupures (sparadrap, petit bandage) et épines (une pince à épiler). Plus une précaution qu’autre chose vraiment, parce que ces soucis sont finalement peu fréquents: 2 ou 3 épines sous la plante des pieds, une coupure sous l’orteil et des ampoules (sur bitume pour le coup) en 90 km pieds nus, essentiellement sur sentier forestier.
Par contre, mon expérience est que la course pieds nus est plus douce pour « l’intérieur » du pied que les VFF. Par exemple, j’éprouve parfois des douleurs sur le dessus des pieds après des courses en VFF, nettement moins en course pieds nus. Pourquoi cette différence, je ne sais pas: peut-être le rythme plus lent, des sorties plus courtes ou une meilleure foulée en course pieds nus. La bande velcro des VFF, qui fait pression sur le dessus du pied, peut être un facteur également. Au passage, ce type de douleur sur le dessus du pied est semble-t’il fréquente en début de course pieds nus ou VFF, et peut apparemment dégénérer en fracture de fatigue. J’imagine que c’est du au fait qu’en amortissant en déroulant le pied plutôt que sur des talons de chaussures de course, on utilise soudain des muscles plus ou moins oubliés (dans mon cas, ceux qui, en gros relient les orteils au coup de pied). Il ne faut pas se mentir, ré-adapter tous ces muscles prend du temps, et il est bon de ne pas trop forcer au début (éviter les entraînement longs ou rapides et observer des jours de repos dès que nécessaire par exemple). La course pieds nus, du fait de l’inconfort initial, permet une auto-limitation en charge d’entraînement que l’on néglige plus facilement en VFF. Voila pour cette note un peu longue – c’est une chance que je n’aie pas d’EVO !
Vincent
Jacks said:
Merci pour nous faire partager tes impressions.
Je cours en VFF depuis quelques semaines mais avec la version normale (pas KSO). Je me suis fait la même remarque en ce qui concerne la « zone extra sensible du pied », pourtant en l’occurrence légèrement protégé par les VFF.
Est-ce que la différences d’épaisseur de la version KSO permet de supprimer ce problème pour courir en trail ?
A bientôt
Vincent said:
A Jack: les KSO trek que j’utilise fournissent une bonne protection du pied, y compris sous l’arche. Evidemment, elles ne « moulent » pas le terrain à la manière de chaussure trail classique, donc on ressent les irrégularités, sans cependant que ce soit douloureux … moyennenant quelques passage un peu inconfortables sur certains cailloux. La protection en avant de l’orteil est également suffisante en cas de choc. Par contre, la zone située entre les orteils est peu protégée, donc, a priori, attention aux passages hors sentiers, en présence de ronce et branches au sol: si tu n’as vraiment pas de chance, elles pourraient se ficher entre les orteils. Par ailleurs, le dessous des trek offre une bonne accroche en trail, y compris dans la boue, pas moindre à mon sens que dans des chaussures trail classiques (j’ai auparavant utilisé des Wings et des Trabucco, l’accroche est comparable voire meilleure en Trek). Par contre, le changement de foulée (dans mon cas), du talon à l’avant du pied lors du passage aux Vibram m’a forcé à adapter ma technique de descente en trail: sans l’effet « frein » du talon, on a tendance à dévaler la côte.
Donc, une fois l’adaptation à la foulée faite, les Treks sont à mon sens des bonnes chaussures de trail.
Bipedy said:
Salut Vincent,
Merci pour tous ces détails c’est très instructif. Question pratique, comment t’es tu procuré les kso treck, tu es allé aux USA ?
?
Sinon c’est vraiment doux de la peau de Kangourou
Vincent said:
Bipedy,
Tout simplement sur le site de Vibram france (www.commepiedsnus.com).
Oui oui, doux et très élastique.
Vincent
Bipedy said:
Bon comme elles n’étaient plus en stock sur le site français je viens de les acheter sur le site officiel italien http://www.vibramfivefingers.it/eng/default.aspx.
il n’y a plus qu’à attendre maintenant. Pour le trail des lavoirs de dimanche ce sera les crosslites !
Phil said:
Salut Bipedy,
Merci pour toutes ces précieuses infos. Dans ton premier post tu conclus que l’EVO est la chaussure la plus évoluée. Comme je cherche une chaussure de transition, peux-tu me dire si l’EVO est vraiment plus évoluée que la Feelmax Osma ?
Phil
Bipedy said:
Salut Phil,
Je n’ai jamais testé la feelmax d’Osma. Mais de ce que j’ai lu de ci de là, elle semble encore plus fine que l’Evo en effet.
Ultra Way Of Life » Avec quoi je cours : Minimalisme said:
[...] j’habitais en région parisienne j’utilisais les Evo et les Vibram Five Fingers KSO pour ces séances spécifiques. Avec du recul, je pense que l’Evo première du nom [...]