Analysez votre foulée
Une des premières choses qu’il vous faudra changer si vous voulez courir longtemps sans vous blesser sera surement votre foulée. En effet, à moins d’avoir couru une grande partie de votre jeunesse pieds nus, il y a de fortes chances que l’utilisation de chaussures « amortissante», vous amène à attaquer le sol avec votre talon.
Il est possible de diviser les types de foulées en 2 catégories :
-Attaque par le talon (heel strike), qui elle même peut être divisée en 2 sous catégories, la foulée supinatrice et pronatrice.
-Attaque par le milieu avant du pied (mid strike)
Pourquoi l’attaque par le talon est elle mauvaise ?
1. Le talon n’est pas assez solide pour amortir la pression liée au choc de l’atterissage du corps.
Comme vous pouvez le sentir, l’os du talon n’est pas protégé par des muscles à peine un peu de graisse, il est donc en contact quasi directe avec le sol. C’est pourquoi, il n’est pas fait pour amortir les chocs violents de la course à pied pouvant représenter plusieurs fois le poids du corps. Pour s’en rendre compte il suffit de courir sur une surface dure à grande vitesse pieds nus. Je vous garantie que, naturellement vous n’allez pas attaquer le bitume par le talon.
Vous allez me dire que votre but n’est pas de courir le marathon de Paris sans chaussures. Mais l’amorti des chaussures est en partie illusoire, car bien que la sensation de douleur soit gommée, le talon subit tout de même des charges physiques supérieures à sa capacité de résistance. La blessure typique en cas de surcharge du talon est l’aponévrosite.
2. Le talon ne présente pas une surface plane assez large pour assurer la stabilité lors de l’atterissage.
Lorsque le poid du corps est soutenu sur la largeur du talon, les forces mécaniques sont tellements importantes que le pied va souvent dévier sur le coté intérieur ou exterieur, vous entrainant vers une foulée dite pronatrice ou supinatrice respectivement.
Cette déviation a de facheuses conséquences puisque le pied en basculant d’un cotès ou de l’autre va transférer au tibia un mouvement de rotation qui devra être compensé par une rotation opposée au niveau du genou. Les blessures liées aux nombreuses répétitions de ces déviances sont clairement identifiées : périostites et tendinites principalement.
Les fabricant de running ont bien compris ces risques puisqu’ils proposent pour les foulées les plus déviantes des modèles de chaussures spécifiques. Certes, le support de la voute plantaire pour un courreur dit pronateur va permettre d’éviter au pied de basculer vers l’intérieur, mais en même temps elle va affaiblir les capacités naturelles du pied à amortir les chocs.
Comme c’est souvent le cas avec la médecine moderne, nous soignons les conséquences mais nous ne solutionnons pas le problème à la racine. Dans notre cas c’est l’attaque par le talon qu’il faut modifier et non pas la suppination ou la pronation.
Nos pieds disposent naturellement vers l’avant d’une surface plane, élargie, renforcée par des muscles et flexible grâce aux doigts de pieds qui lui sont rattachés. Pourquoi ne pas l’utiliser dans sa fonction première : supporter le poid du corps à l’atterrissage. C’est donc vers cette zone qu’il faut transférer le poids du corps à chaque foulée.
La vidéo ci dessous montre bien les différentes foulées.
Pour les non anglophones voici ce qu’il faut retenir :
32s : démonstration de la foulée supinatrice
1mn02 : démonstration de la foulée pronatrice
1mn30 : démonstration de la foulée milieu-avant (mid stirke)
2mn30 : différence entre l’attaque par le talon (heel strike) et l’attaque par l’avant
3mn30 : foulée naturelle chez l’enfant
4mn12 : différentes foulées suivant les distances ( je ne rejoins pas l’auteur de la vidéo sur la differentiation des foulée entre la distance parcourus, elle dépend plus des vitesses propre de chacun il me semble.)
L’attaque par le talon n’est pas le seul responsable des blessures en course à pied, l’alignement de tous le corps est aussi très important.
Mais dans un premier temps il est facile de prendre conscience de sa foulée puis d’essayer de porter le poids de son corps vers l’avant à chaque atterrissage en raccourcissant la distance entre chaque foulées. Un indicateur de progression tout simple est de regarder où pointe l’avant des chaussures juste avant de poser le sol. S’il pointe vers le ciel c’est que vous allez atterrir sur le talon, s’il est parallèle au sol, vous allez atterrir sur le milieu avant du pied.
Crédit Photo : threecee

Ultra Way Of Life » Avec quoi je cours : Minimalisme said:
[...] nus, à attaquer par l’avant. Prudence donc si vous n’avez pas encore changé votre foulée car vous allez solliciter les métatarses, l’arche du pied, le tendon d’Achille et les [...]